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Gestion et maintenance du matériel d'irrigation
(Prof. Ahmed SKIREDJ)
(Département d'Horticulture/IAV Hassan II/ Rabat/ Maroc)
Le matériel d'irrigation nécessite une bonne gestion et maintenance : Afin de veiller à la bonne gestion et maintenance du matériel d'irrigation, il est conseillé de prévoir pour prévenir et ne pas attendre de constater pour intervenir. En effet, il faut gérer le matériel en fonction de ce que l'on peut raisonnablement prévoir pour se garantir contre l'endommagement du matériel avant qu'il ne se manifeste. Dans une exploitation, le matériel qui nécessite un entretien, en général, est le suivant:
Entretien de la moto- pompe : Il est nécessaire d'effectuer des vidanges régulières dans le temps. Les parties qui tournent doivent être graissées. Il faut changer les pièces dégradées et les organes détériorés. La pompe doseuse nécessite un traitement à l'acide (0,2-0,5 %) afin d'enlever les précipités de carbonate de calcium et à l'eau de javel (1-5 ppm) afin de la nettoyer contre les bactéries et les algues. Ce traitement dure en général une demi heure et se répète 1-2 fois par 15 jours.
Nettoyage et contrôle des filtres: Les filtres doivent être nettoyés fréquemment (une fois par semaine si l'irrigation est effectuée par l'eau du barrage; 2-3 fois/semaine si l'eau est de surface; 1-2 fois/mois ou par saison si l'eau est claire et provient du puits). Malgré les nettoyages des filtres, des dépôts finissent par altérer leur perméabilité, plus ou moins rapidement suivant la qualité de l'eau. L'entretien des filtres est le suivant :
Filtre à sable : Il est conseillé de changer le sable au moins tous les 2 ans; il faut veiller à la qualité du sable et le laver avant de l'utiliser.
Filtre à tamis : Il faut vérifier périodiquement l'état du tamis et le changer si les mailles sont obstruées ou détériorées. Il est également conseillé de vidanger les filtres en fin de saison d'irrigation et de les protéger contre le gel de l'hiver dans les régions gélives.
Contrôle et nettoyage des organes de distribution : Ces organes sont sensibles au colmatage; celui-ci ne se manifeste pas brusquement sur l'ensemble du réseau. Le colmatage est lent, progressif et irrégulier au cours des campagnes d'irrigation. Cela entraîne une baisse des débits plus ou moins importante suivant le degré de colmatage des organes de distribution et une mauvaise répartition de l'eau sur la parcelle irriguée. Il faut donc vérifier visuellement en début et en cours de campagne que les organes de distribution ne sont pas obstrués et contrôler périodiquement (au moins une fois par an avant la mise en route du réseau) l'uniformité des débits et leur variation par rapport à ceux du réseau neuf. En ce qui concerne le nettoyage, outre le nettoyage normal par purge, le colmatage plus ou moins important des organes de distribution peut nécessiter des nettoyages spéciaux, en fonction de la nature du colmatage observé. En effet, celui-ci peut être chimique, physique ou organique.
Colmatage chimique : Il est dû le plus souvent à la présence du calcaire ou parfois de fer qui, dissout dans l'eau, se dépose soit à la sortie des orifices soit à l'intérieur de ceux-ci lors de l'arrêt des arrosages. Cela nécessite un nettoyage fréquent des distributeurs ou même un traitement de l'eau d'irrigation. Si les dépôts de limon et d'argile sont cimentés ou si le calcaire est précipité sur les orifices, un nettoyage à l'acide fort est nécessaire. Le nettoyage consiste à injecter dans le réseau une solution d'acide nitrique du commerce (36 degrés Baumé, densité 1,33) ou d'acide chlorhydrique dont la concentration en acide pur sera de 2-5 pour mille en volume (2-5 l/m3 d'eau), selon l'importance du colmatage. Si le traitement est efficace, on le sentira pendant les dix minutes qui suivent le nettoyage. On peut utiliser le poste de pompe doseuse pour l'injection de l'acide dans le réseau. Il ne faut pas attendre que le goutteur soit complètement obstrué; si c'est le cas, il faut l'enlever pour le traiter à l'acide; il ne se débouchera pas s'il est dans le circuit. Le fer dissout dans certaines eaux de nappes profondes peut également précipiter sous forme de mince couche dont l'épaisseur augmente progressivement. Pour éviter ce colmatage, il faut oxyder le fer par barbotage de l'eau au contact de l'air dans un bassin. Cela est coûteux et difficile, mieux vaut s'assurer préalablement que l'eau contient moins de 1,5 ppm de fer dissout (sinon il ne faut pas l'utiliser).
Colmatage physique : Il est provoqué par le dépôt d'éléments minéraux ou organiques grossiers (sables, fragments végétaux, algues) ou fins (argile, limon). Les plus grosses particules peuvent être retenues par une filtration efficace. Les éléments très fins qui traversent les filtres peuvent se déposer à l'intérieur des distributeurs et diminuer la section de passage de l'eau (donc baisse de débit). Le dépôt de particules grossières est généralement le signe d'une filtration inadaptée. Il faudra vérifier et changer si nécessaire l'organe filtrant (sable ou tamis). Une filtration efficace n'empêche pas le dépôt progressif d'éléments fins. Si les purges normales ne suffisent pas à les éliminer, on peut être amené à déboucher le réseau en portant la pression dans celui-ci à 2-3 bars, en nettoyant les organes de distribution obstrués, lorsqu'ils sont démontables ou en les changeant.
Colmatage organique : Les matières organiques de grandes dimensions (débris végétaux, algues...) entraînées dans les eaux de surface sont normalement arrêtées par la filtration. Les eaux de surface contiennent souvent des microorganismes (bactéries, spores, algues) qui traversent les filtres et se développent ultérieurement dans le réseau ou au niveau des orifices. Le traitement le plus utilisé contre les microorganismes consiste à injecter du chlore sous forme d'eau de javel (1-5 mg/l) une fois tous les 15 jours ou en continu, à la fin de chaque arrosage. Il faut éviter les plus fortes concentrations de CI qui nuisent à la culture. Le sulfate de cuivre peut aussi être utilisé à raison de 4 ppm (mais il est moins efficace que le CI et atteint plutôt les algues que les bactéries).
Purges et entretien divers : Elles sont réalisées par chasse d'eau, en ouvrant les extrémités du porte- rampe et des rampes. Il faut laisser couler l'eau quelques minutes, jusqu'à ce qu'elle soit claire. Cette opération doit se répéter au cours de la saison, à sa fin et au début de la saison qui suit. Il faut également vérifier l'état des vannes, compteurs, manomètres et joints. Si un organe est détérioré, il faut le changer. Le contrôle des fuites d'eau est également d'une grande importance ; en faisant un tour de l'exploitation de temps à autre, la présence de flaques d'eau est le signe de ces fuites. Il faut réparer la canalisation, les rampes ou porte- rampes (sinon, le débit n'est plus uniforme et l'irrigation n'est plus homogène).
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